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Le gilet coquillage qui s’est fait attendre

Gilet coquillage col Chez Louise

Le 29 juillet 2013, Louise promet un gilet d’homme. Le 30 juillet 2013, ils en parlent. Le 31 juillet 2013, ils le dessinent. Le 15 septembre 2013, ils choisissent un beau tissu dont le style allait avec la forme du vêtement. Il ne restait qu’un détail à préciser, la forme du bas : en pointe ou plat. Le 15 septembre 2014,…
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La chemise d’Artagnan

Voilà toute l’histoire, et elle est longue à raconter : un jour que mon homme devait partir, il me demanda d’attendre à la maison son père qui avait prévu de passer en attendant un rendez-vous avec… je ne me souviens plus bien… peut-être un charpentier ou un plombier ou encore un architecte.

Son père arrive. Je l’accueille avec un café et lui montre une de mes dernières fiertés, mon manteau aux couleurs écarlates. Comme à son habitude – tel père tel fils – il regarde attentivement, sans sourciller, sans montrer la moindre once de quoi que ce soit (et par « quoi que ce soit », j’entends bien sûr un doux étonnement). Certainement, c’est à ce moment qu’il me dit : « mais ! Il n’y a pas de boutons » et moi de lui expliquer qu’effectivement, mais je n’ai pas, pour l’heure, de boutons qui me convainquent. Et puis – mais je ne lui dis pas – les boutonnières me font peur. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer.

Puis il me parle du gilet constructivo-futuriste. Il me demande comment je l’ai fait. Je lui réponds que je suis partie d’un gilet que l’homme avait, que ça m’a permis d’avoir les mesures, et qu’ensuite j’ai modifié le patron de base. Alors, sournoisement (mais je ne savais pas encore que ça l’était), il demande : « ça veut dire que vous pouvez reproduire n’importe quoi à partir d’un vêtement existant ». Et moi, toute fière, je réponds : « oui, c’est à peu près ça ».

Que n’avais-je pas dit ! Trois jours après, mon homme me ramenait une chemise ancienne, type Trois Mousquetaires : « tiens ! Mon père voudrait que tu lui refasses la même ». Et là, je comprends la hauteur du désastre : double poignets, double-col, petits plis, liens, boutonnière pleine de bouton : rien ne m’était épargné. Moi qui aime les top minutes, j’étais servie, il fallait que je fasse une chemise à la d’Artagnan.

J’ai tenté de gagner du temps : « dis à ton père que je n’ai pas le bon tissu ». La semaine suivante, on me faisait porter un grand drap blanc, exactement ce qu’il fallait. Je capitulais en planchant sur le patron. On était alors en février et mon beau-père avait précisé : ce n’est pas pressé. Heureusement…

Le projet a avancé doucement. D’autant plus doucement qu’alors qu’il était presque fini… évidemment… j’avais fendu la manche gauche devant, au lieu de la fendre derrière. J’ai dû toute la refaire : petits plis, biais, poignet 1, poignet 2…

Mais voilà : c’est fini ! FINI ! FINI ! FINI ! FINI !

Ouf !

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Du constructivisme futuriste

Il y avait en ces temps là une exposition sur les 150 ans de la mode en Italie. Nous fêtions alors autant d’années de la réunification de ce beau pays qui avait eu, en ses débuts, Turin pour capitale.

L’homme et moi nous décidâmes à y faire un saut par un jour d’hiver, entre Nöel et nouvel an (après un passage de rigueur chez nos amis Nadine et Robert, près de Chambéry). Des robes de grandes beautés bien sûr, comme toujours : dentelles, amples crinolines, tournures, froufrous, traînes, capes de velours, strass et paillettes. Quand soudain : des vêtements pour homme ! Croyez-moi que je n’ai pas été la première à les repérer, et qu’on est de surcroît venu me chercher à mes dentelles pour m’y mettre le nez.

Cette partie de l’exposition était dédiée au futurisme en Italie, et représentée par des vêtements des plus originaux pour homme de Giacomo Balla et Fortunato Depero et dont voici quelques exemples :

Fortunato Depero, gilet futuriste

 

Giacomo Balla - Étude pour une veste futuriste d'homme - 1914

Giacomo Balla - Étude pour une veste d'homme de matinée, 1914

Ils sont peu nombreux, les hommes qui accepteraient de se balader avec ce type de vêtement sur le dos. Le mien en fait partie je crois.

Plus tard, celui-ci trouva un tissu de style constructiviste russe et me dit : « ça ferait un beau gilet futuriste ça ! ». La commande était insidieusement passée, tant et si bien qu’au Noël suivant, c’est-à-dire à Noël dernier, je planchais sur la question.

Comme je lui avais déjà fait un gilet, j’avais déjà ses mesures et un patron de base utilisable. Je voulais, comme dans les vestes de Giacomo Balla, mélanger des formes très géométriques de deux façons : sur un pan du gilet, faire des formes arrondies, sur l’autre, des formes droites, et que jamais les angles ne soient perpendiculaires. Je voulais aussi que le col soit très original, en diagonal. Surtout, je voulais qu’il soit portable, et que je n’aie pas honte quand il sortirait avec, mais le tissu choisi était plutôt discret dans ses couleurs.

Très de bavardage, voici le résultat :

Et voici quelques détails :

Quelques précisions sur les tissus : le tissu russe est un tissu d’ameublement très épais ; la doublure et le dos sont du tissu de doublure en acétate (je pense) marron. Les boutons ont été choisis par l’homme (au départ, je pensais l’enrubanner mais au final, ça cachait le devant).

Derniers petit détail : le livre qu’il tient…

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Le gilet de Monsieur

Le Gilet de Monsieur Chez Louise

Rien qu’à le voir, vous savez le temps qu’il m’a fallu pour le réaliser : 8 mois, rien que ça. Le temps du choix de la forme, du tissu, de la doublure, du dos, des boutons par Monsieur. Le temps de la création du patron à partir d’un autre gilet, des coutures et découtures. Le temps de la peur également, celle que le tissu se déchire, et celle de rater la dernière étape : la pose de la boutonnière (1 bon mois avant de la dépasser).

Le tissu vient des chineries de Monsieur. Il est très beau, en soie bleue et dorée avec quelques motifs verts. Mais il est très vieux et pas évident à coudre. Et puis il y en avait tout juste ce qu’il fallait – j’ai même dû faire quelques parementures avec des chutes.

Le dos est en crêpe bleu, l’intérieur doré (enfin… discret le doré… beige brillant en fait… Monsieur propose bronze clair). Il manque la boucle de la martingale mais elle va arriver.

Postface : cet article vient contredire mon précédent précédent billet puisque, concernant directement celui qui est censé ne jamais lire ces lignes, il a souhaité déroger à la règle pour vérifier que l’orthographe était impeccable (elle l’était apparemment, tout va bien).

Le Gilet de Monsieur Chez LouiseLe Gilet de Monsieur Chez Louise

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J’ai également ouvert une galerie sur A Little Market dans laquelle vous pouvez trouver quelques petits quelques choses à vendre. C’est sur la page Chez-Louise (à l’ouest rien de nouveau…).

A bientôt !