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Éloge de l’urgence : la robe graphique

RobeGraphiquebleueChezLouise1

Comme souvent chez Louise, l’histoire d’un vêtement part d’une urgence. C’est peut-être pour se sentir légitime de déranger Super-Louise. Quand on a du temps, on en prend pour faire des erreurs. Quand on n’en a pas, on n’a pas le droit à l’erreur alors on assure nos arrières. J’étais dans mon atelier un dimanche après-midi….
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La robe bleue un peu belge une fois…

Robe bleu reine Louise Chez Louise côté

    Je vous préviens, c’est tiré par les cheveux. Prenez une robe blanche N**-N** que vous adorez, chérissez, mettez avec parcimonie pour éviter qu’elle ne s’abîme. Attendez quinze ans qu’elle devienne immettable – les coutures qui se déchirent, le blanc qui fonce… Mettez-vous à faire un peu de couture, pour le plaisir. Laissez-vous happer ; que ça…
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Du constructivisme futuriste

Il y avait en ces temps là une exposition sur les 150 ans de la mode en Italie. Nous fêtions alors autant d’années de la réunification de ce beau pays qui avait eu, en ses débuts, Turin pour capitale.

L’homme et moi nous décidâmes à y faire un saut par un jour d’hiver, entre Nöel et nouvel an (après un passage de rigueur chez nos amis Nadine et Robert, près de Chambéry). Des robes de grandes beautés bien sûr, comme toujours : dentelles, amples crinolines, tournures, froufrous, traînes, capes de velours, strass et paillettes. Quand soudain : des vêtements pour homme ! Croyez-moi que je n’ai pas été la première à les repérer, et qu’on est de surcroît venu me chercher à mes dentelles pour m’y mettre le nez.

Cette partie de l’exposition était dédiée au futurisme en Italie, et représentée par des vêtements des plus originaux pour homme de Giacomo Balla et Fortunato Depero et dont voici quelques exemples :

Fortunato Depero, gilet futuriste

 

Giacomo Balla - Étude pour une veste futuriste d'homme - 1914

Giacomo Balla - Étude pour une veste d'homme de matinée, 1914

Ils sont peu nombreux, les hommes qui accepteraient de se balader avec ce type de vêtement sur le dos. Le mien en fait partie je crois.

Plus tard, celui-ci trouva un tissu de style constructiviste russe et me dit : « ça ferait un beau gilet futuriste ça ! ». La commande était insidieusement passée, tant et si bien qu’au Noël suivant, c’est-à-dire à Noël dernier, je planchais sur la question.

Comme je lui avais déjà fait un gilet, j’avais déjà ses mesures et un patron de base utilisable. Je voulais, comme dans les vestes de Giacomo Balla, mélanger des formes très géométriques de deux façons : sur un pan du gilet, faire des formes arrondies, sur l’autre, des formes droites, et que jamais les angles ne soient perpendiculaires. Je voulais aussi que le col soit très original, en diagonal. Surtout, je voulais qu’il soit portable, et que je n’aie pas honte quand il sortirait avec, mais le tissu choisi était plutôt discret dans ses couleurs.

Très de bavardage, voici le résultat :

Et voici quelques détails :

Quelques précisions sur les tissus : le tissu russe est un tissu d’ameublement très épais ; la doublure et le dos sont du tissu de doublure en acétate (je pense) marron. Les boutons ont été choisis par l’homme (au départ, je pensais l’enrubanner mais au final, ça cachait le devant).

Derniers petit détail : le livre qu’il tient…

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L’ensemble Vieux Luxembourg

Ah non Louise ! Tu vas pas nous refaire le coup de « je me barre bosser à l’autre bout du monde et je dois me refaire une garde-robe » ! Même si le Luxembourg, ce n’est pas le bout du monde… Quand même ! Le Luxembourg !!!

Louise vous rassure : la jupe Vieux Luxembourg n’a absolument rien à voir avec le Luxembourg. Elle fait, de même que la robe Copacabana, partie de la collection « je pars au Brésil et je vais travailler ». C’est dire ! Et jusque-là, personne n’aurait eu l’audace d’énoncer que si l’Uruguay est à l’Amérique latine ce que la Suisse est à l’Europe, le pays de la Samba est ce que le Luxembourg est à notre vieux continent.

Que vient donc faire le Luxembourg dans tout cela ? C’est bien la question qui vous brûle tous, moins ceux qui ont déjà la réponse parce qu’ils seraient… de ma famille. Ou de la famille de Villeroy. Ou de la famille de Boch. Ou de quelques collectionneurs fous de porcelaine.

Eh oui ! Vieux Luxembourg, c’est le nom d’un service de porcelaine que voici :

Et son fameux (très fameux) décor à la brindille.

Est-ce pour cela que la Louise est tombée d’admiration pour un coton à fleur bleue qui traîne depuis quelques années maintenant (3) dans ses tiroirs (pas de cave pour un si beau tissu !).

En tous cas, c’était léger comme il faut pour imaginer s’y sentir à l’aise par des températures dépassant les 40° (hum).

Le patron de la jupe est maison ! C’est assez rare pour mériter un point d’exclamation. Et ça a dû me prendre autant de temps que de décalquer un patron Burda. Il y a deux pinces à l’avant et trois derrière, une fermeture invisible blanche, pas de doublure (trop chaud). J’ai cousu une bande de galon blanche à l’ourlet.

Le haut… est un patron Burda ! (Le point d’exclamation rempli, cette fois, un rôle de symétrie).

À ceci près que j’ai élargi l’encolure, il n’y a pas de fente derrière, pas non plus de zip nécessaire, et que j’ai fait deux larges pinces (3cm de large) dans le dos.

Pour info, la jupe était un chouilla(t ? je ne sais jamais comment écrire ce mot) trop large et je n’ai mis, au Brésil, que le haut. Mais il allait très bien avec tout ce que je portais fort heureusement, et l’ensemble faisait un peu trop guindé à mon goût.