Chroniques d’une Parisienne à la campagne

À la campagne, un jour, on te dit « le mardi, je suis déchargée »

La directrice de l’école est en face de moi. Elle me dit qu’elle pourra avancer sur notre projet mardi, parce que « le mardi, c’est décharge ». Tu l’imagines aller tous les mardis à la déchetterie mais tu te demandes ce qu’elle peut bien y déposer si régulièrement. Plus tard, dans la conversation, elle te rappelle que « le mardi, elle est déchargée ». Décidément… je ne sais pas moi, prend la batterie de ton téléphone, il y a surement moyen de s’organiser. Bref, tu ne vois toujours pas le rapport.

À Paris, ton directeur d’école, il n’avait pas de téléphone portable. Et tu ne sais même pas s’il y a une déchetterie à Paris : tu appelles « les encombrants » qui passent chercher tout ce dont tu ne veux plus. Ton directeur avait un bureau immense, loin des couloirs où l’enfant que tu étais chahutait. Si d’aventure tu le croisais, tu avais peur, tu te tenais droit comme un i et tu le saluais d’un obséquieux « Bonjour Monsieur le directeur ». 

À la campagne, les directeurs sont aussi professeurs. Ils ont une classe. Ils donnent cours toute la journée à l’exception d’un jour dans la semaine. Ce jour là, ils sont à leur bureau et s’occupent de l’administration de l’école. C’est ce qu’ils appellent leur jour de décharge. Parce qu’une école à la campagne, c’est plus petit qu’une école à Paris : il y a moins de classes, moins de professeurs, moins d’élèves à gérer.

La Parisienne que j’étais se préoccupe du sort des enfants le mardi. Ont-ils un remplaçant ? Ou est-ce que c’est récréation tout le mardi pour les élèves des directeurs d’école ?

Je me réserve les réponses pour une autre fois, parce que là, je suis déchargée.


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